|
Il y a vingt ans, mon beau-père [Bernard Faul, NDLR] était sans doute en avance. Nous, nous sommes dans l’air du temps », affirme Matthieu Bernollin, boulanger aux Perrières. L’histoire semble en tout cas se répéter dans le petit monde de la boulangerie mâconnaise. Dans les années 1990, Bernard Faul s’était lancé dans un marathon judiciaire, jusqu’en Cour de cassation, pour obtenir le droit d’ouvrir sept jours sur sept. Son successeur, Eric Basset, afin de s’éviter les foudres de la loi, ne vendait pas son pain tous les jours : le samedi, pour tout achat supérieur à 4 €, il « donnait » une baguette à ses clients. Aujourd’hui, Matthieu Bernollin et son épouse Aurélie, qui ont repris le fonds de commerce en mars 2011, sont dans le collimateur de l’Union des boulangers de Saône-et-Loire, qui leur reproche, encore et toujours, de vendre du pain sept jours sur sept. Pour faire respecter l’arrêté préfectoral de 1995, elle réclame à la justice une injonction de fermeture pour le récalcitrant, accompagnée d’une astreinte de 10 000 € par infraction constatée. La justice va trancher Mardi prochain, après plusieurs renvois, le tribunal de grande instance de Mâcon consacrera une audience de référé à cette affaire. Parallèlement, M e Dominique Petat, l’avocat parisien des Bernollin, a introduit un recours ministériel afin d’obtenir l’abrogation de l’arrêté préfectoral. Même si cette procédure représente un coût pour son entreprise, notamment en frais d’avocat, Matthieu Bernollin croit en son combat : « Si on veut avancer, on ne peut pas continuer comme cela. À longueur de temps, tous les politiques nous disent qu’il faut travailler plus. Nous sommes 18 employés à la boulangerie. Si nous devions fermer un jour par semaine, nous serions obligés de nous séparer d’un salarié à court terme et de trois à moyen terme ». « Pour nous, travailler sept jours sur sept, ce n’est pas travailler plus pour gagner plus, mais pour vivre mieux, insiste le boulanger. En effet, notre organisation permet à nos employés d’avoir deux jours de congés consécutifs par semaine et un week-end libre sur trois. Et en plus, ils ne commencent qu’à 4 h du matin, au lieu de minuit ou 1 h chez les artisans ».
Source : lejsl.com |